Arbitrage vidéo : entre justice et émotions

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Si elle faisait parler d’elle depuis bien des mois, elle est aujourd’hui le débat le plus intense de la planète football. L’arbitrage vidéo est une formidable raison de diviser les passionnés, entre ceux qui militent pour la justice et les autres pour l’émotion. Quand les deux camps se décident à défendre leur idéologie, cela donne à un florilège d’arguments, tous bons à prendre pour faire un état des lieux de ses avantages et inconvénients.

Au service de la justice

A l’image de la goal-line technology, l’assistance vidéo a été conçue dans l’unique but de réduire les erreurs, qui créent énormément de polémiques. Mettez-vous à la place des Anglais lorsque Franck Lampard marque contre l’Allemagne (défaite 4-1), mais que le but est injustement refusé, ce qui aurait dû faire 2-2 et relancer complètement le match. Les scandales Barcelone-PSG et Chelsea-Barcelone entre autres, mais aussi, et soyons honnêtes, la main de Thierry Henry qui permet de nous qualifier contre l’Irlande.

Si ce dernier nous a permis d’aller à la Coupe du Monde, ces erreurs arbitrales nuisent considérablement au football et font démériter les équipes désavantagées. Supporters comme joueurs, tous accepteraient mieux une décision juste qui leur est défavorable qu’une erreur arbitrale qui les pénaliserait.

“La congélation des émotions”

Si l’argument de la justice tient debout, il est rendu bancal de par son efficacité. Comme hier lors du but accordé à Kylian Mbappé, la vidéo prend beaucoup de temps et pour une décision centimétrique. Elle est nuisible dans le sens où elle refroidit les joueurs dans l’attente de la décision, elle laisse le public dans un doute planant et troublant, d’autant qu’il ne voit pas les images, et par conséquent, ne connaît pas exactement la cause de l’appel à l’assistance vidéo. Si elle a comme objectif de rendre justice, les acteurs peuvent aussi craindre les triches, à l’instar des révélations sur des “modifications d’images retransmises à la télévision” comme l’avait expliqué une ex-employée de Goal-Line Technology sur RMC Sport.

Les combattants de l’arbitrage vidéo eux, ne jurent que par les émotions qu’ablate ce nouveau système, et ils ont grandement raison. Quel sens aurait le sport sans émotions, sans stress, sans excitation, sans instantanéité ?

Si trouver un juste milieu entre les deux idéologies risque d’être impossible, les grandes instances du football semblent elles plus décidées à installer justice et paix au sein de leur sport.

Yan Houdry

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