Ce dimanche, nous avons pu assister à un très bon match de Ligue 1 entre Strasbourg (19e) et l’Olympique de Marseille (4e). À l’image de l’ambiance au Stade de la Meinau, ce match a été « chaud ». Avec pas moins de 6 buts, ce match a montré que même les équipes de bas de classement peuvent proposer de belles actions de jeu et du contenu dans leurs matches. Benchr décrypte pour vous ce match complètement fou.

Composition innovante pour Strasbourg

Strasbourg à réussi au cours de ce match à poser beaucoup de problème à l’OM, notamment dans le cœur du jeu où les olympiens, souvent en infériorité numérique, ont du céder le ballon, et cela n’est pas anodin. La composition du RC Strasbourg à énormément dérangé l’équipe de Marseille. Thierry Laurey a en effet innové en proposant un 4-3-1-2, plus souvent présenté comme un 4-4-2 en losange resserré dans l’axe, encore jamais utilisé par l’équipe alsacienne. Avec deux attaquants, un milieux à 4 et des latéraux, notamment Lala, très offensif, cette composition a permis à Strasbourg un contrôle du milieu de terrain et de la possession. Le milieu de terrain strasbourgeois à parfaitement joué son rôle dans cette partie. Les deux milieux plus excentré, Lienard et Goncalves, ont permis de densifier l’axe du RCS, mais également d’apporter offensivement dans les couloirs laissés vide par les attaquants. Cela posait de grands problèmes à l’OM, obligeant Payet à décrocher plus bas sur le terrain et à faire défendre Thauvin et Njie (Sarr en deuxieme mi-temps) lorsque les milieux axiaux laissaient le champs libre au latéraux et notamment Lala.

Au-delà de ce milieux de terrain compétitif et bien regroupé, les deux attaquants ont perturbés la défense marseillaise. Parfaitement équilibré, cette attaque a su se trouver et créer des différences. Nuno Da Costa, jouant dans un rôle de numéro 9, a touché 17 ballons dans ce match dont 16 dans le camps adverse et 5 dans la surface. Un attaquant qui a joué haut sur le terrain permettant à Terrier de s’intercaler entre les lignes. Terrier auteur d’un gros match, a quand à lui touché 42 ballons. Évoluant en soutient de Da Costa, l’international espoir français s’est rendu extrêmement disponible en proposant beaucoup de courses dans les couloirs et auteur de très bon appel comme sur le premier but Strasbourgeois. Auteur de 6 tirs, Terrier s’est montré très en jambes, comme l’ensemble de son équipe, posant d’énorme problème à la défense centrale marseillaise. Un milieu à 4, avec des joueurs qui se projettent vite vers l’avant, une attaque très complémentaire à 2 attaquants, voila la réussite de cette composition innovante qui a toutefois ses faiblesses.

En effet, souvent sous l’impulsion de leur supporters qui les ont chaudement poussés, les strasbourgeois se sont heurtés à quelque contres et actions bien exploités par l’OM. Notamment le contre de Dimitri Payet qui lance Mitroglou dans le bon tempo lors d’un 3 contre 2 où les strasbourgeois ont oublier de défendre. Les défenseurs et milieux du RCS parfois trop haut et emporter par la fougue, ont subi leur mauvais placement et leur excès d’apport offensif au détriment des taches défensives.

Payet et liernard en forme, Mitroglou trop seul

Dans un match d’un bon niveau technique (81% de passes réussies pour Strasbourg et 82% pour l’OM), certains joueurs sortent clairement du lot. A l’image de Lienard, auteur d’un match plein, donnant tout sur le terrain au point d’avoir des crampes quelques minutes après son but. Généreux, précis, et impliqué dans les bons coups, Lienard a rayonné à la Meinau. Parfait dans ses taches offensives offrant des solutions sur les couloirs en se portant bien vers l’avant, apportant également de la densité dans l’axe. Avec 85% de passes réussies, 3 tirs cadrés sur 3 tirs effectués, Lienard à poser des problèmes technique à l’OM, souvent très juste et dans le bon tempo. Un gros match pour le strasbourgeois qui a failli se faire voler la vedette par Dimitri Payet, auteur lui aussi d’un très bon match.

Intelligent dans son placement, le réunionnais, à souvent délaissé l’axe dans la partie haute du terrain pour proposer des solutions plus excentrées. A l’image de son but, c’est lui qui déclenche la bonne passe dans l’intervalle pour trouver Thauvin en proposant d’abord une course vers l’aile. Très juste techniquement l’international Français à fait un match plein avec 3 tirs et un but. Redescendant parfois assez bas pour venir chercher les ballons, il a laissé parfois l’axe haut du terrain à Njie ou Thauvin (comme pour le premier but) mais a souvent laissé Mitroglou seul en pointe haute.

Le Grecque à néanmoins su tirer son épingle du jeu. Malgré un manque évident de jambes et de fraîcheur, l’ancien de Benfica (auteur d’un but et provocant le csc de Koné), a posé des problèmes par son placement. Dans toutes les bonnes zones de finitions et un sens du déplacement remarquable, Mitroglou à su faire déjouer les défenseurs centraux. Il a poussé à la faute Koné sur le but contre son camps, a œuvré en renard des surfaces sur le but égalisateur et tenté 5 frappes toutes à l’intérieur de la surface. Un vrai buteur traînant dans la surface adverse mais pas toujours utile dans le jeu et délaissé par Payet un peu bas parfois ou trop excentré. Il a tout de même le sens du jeu comme sur le premier but marseillais où il décale parfaitement en une touche Amavi créant un énorme décalage sur le coté gauche, laissant tout son temps au latéral gauche marseillais pour ajuster son centre. Décisif mais souvent seul et en manque de rythme, Mitroglou à fait ce qu’il a pu et l’a plutôt bien fait.

Deux actions symboles du match

Ce match a été marqué par une grande qualité technique de la part des deux équipes. Une volonté de jouer vers l’avant et de mettre en difficulté offensivement l’équipe adverse. Deux actions symbolisent cette mentalité. La première est initiée par Payet sur son but. Alors que Sakai reçoit le ballon, Payet propose une course sur l’aile. Servi, il aurai pu trouver appuis sur Anguissa disponible plus bas. Mais Payet va préférer, grâce à un bon contrôle, chercher Thauvin plus haut dans l’axe du terrain et bien seul, éliminant ainsi la ligne des milieux strasbourgeois. S’en suis alors une magnifique action entre Thauvin, Njie et Mitroglou dans le bon tempo et une touche afin d’augmenter le rythme. Cela permet de trouver un très bon décalage sur Amavi qui prend son temps pour mettre le ballon dans la bonne zone en retrait pour Payet qui marque.

 Sur cette phase de jeu, c’est Payet qui enclenche l’action en décidant de jouer vers l’avant et s’en suit un jeu a une touche d’une grande qualité technique ce qui permet de mettre les partenaires dans de bonnes conditions. Imparable et indéfendable pour le RC Strasbourg qui doit s’incliner.

A l’image de cette grande qualité technique et de cette volonté de se projeter vers l’avant, les strasbourgeois ont eu aussi construit une superbe action malheureusement non conclu par Bahoken et Terrier. C’est ce dernier qui impulse l’action coté droit en jouant sur Goncalves qui part en percussion trouvant l’intenable Lienard, qui va lui remettre dans le bon tempo dans sa course. En une touche de balles, Goncalves joue sur Bahoken qui manque de marquer dans le but vide en tapant le poteau. Terrier manque lui aussi de marqué face au but vide. C’est le tournant du match, car à 4-2 l’OM ne serait probablement pas revenu dans cette rencontre. Cette action montre encore la qualité et la justesse technique ici de l’équipe de Strasbourg, jouant dans un bon tempo et dans les bonnes intentions. Toujours avec cette volonté de jouer de l’avant et de faire progresser les actions, et non pas garder une possession stérile.

Deux actions de deux clubs qui souhaitaient jouer au foot, proposant de belles choses et très juste techniquement. Cela rendant un match plaisant à regarder et plein d’intensité à l’image du score… et d’un stade chaud bouillant.

LAISSER UN COMMENTAIRE

Veuillez entrer votre commentaire
Veuillez entrer votre nom