Paris, Monaco, Marseille, Saint-Etienne, Nice ou encore Nantes : cette saison, Lyon a tapé tous les prétendants au Top 6, et souvent avec la manière. La capacité de l’OL à se surpasser dans les chocs n’a d’égal que la frustration de voir les Gones bégayer contre les petits. Alors, pourquoi ce complexe ?

Fort contre les forts, faible contre les faibles

Depuis maintenant plus d’un an, l’OL parvient quasiment toujours à se mettre à la hauteur des grands événements. Monaco l’an dernier (3-1) et cette saison (3-2), le PSG il y a quelques jours (2-1), Saint-Etienne (5-0), l’OM (2-0)… Les exemples des succès lyonnais dans les grands rendez-vous de la saison sont légion. L’an dernier, l’Europa League avait cristallisé cette toute puissance contre les équipes de haut niveau, avec en point d’orgue une victoire héroïque face à la Roma au Parc OL. A côté de ces exploits, les Gones cumulent les contre-performances contre des équipes bien plus faibles sur le papier : Dijon, Lorient et Guingamp trois fois l’an passé, Angers, Limassol ou Montpellier cette saison.


L’OL, si prompt à élever son niveau face aux cadors, se met également au niveau de son adversaire lorsque l’opposition est bien plus faible. Contre Nancy en Coupe de France, les Lyonnais n’ont jamais vraiment semblé dominateur. Contre Limassol, l’égalisation des Chypriotes à la dernière minute était plus que mérité : alors comment expliquer ce syndrome Gilles Simon de l’OL, capable de battre les plus grands comme de perdre contre les plus petits ? Deux pistes : l’une psychologique, l’autre tactique.

La tension et la pression comme moteurs

La première piste est la plus naturelle et la plus évidente : dans les grands matches, dans l’ambiance du Parc OL et devant des millions de telespectateurs, les joueurs lyonnais se transforment et donnent le meilleur d’eux-mêmes. La nonchalance et la « baballe » souvent reprochées aux Lyonnais disparait complètement lors des grands rendez-vous, pour laisser place à une intensité physique bien loin des matches mollassons des dimanche après-midi à Montpellier ou Angers.

Sur cet aspect-là, l’OL 2017-2018 a grandi par rapport à l’an dernier. L’arrivée de Marcelo, Tete et autres joueurs de caractères (le fameux Castagne FC) mais surtout le capitanat et l’aura de Nabil Fekir ont donné une nouvelle dimension psychologique aux Lyonnais : la fameuse gnaque, celle qu’il a peut-être manqué face à l’Ajax en demi-finale d’Europa League l’an dernier, est sans conteste là cette année. Pour preuve : contre Monaco et Paris, l’OL a arraché sa victoire dans les dernières minutes, grâce à une détermination sans faille. Face à Saint-Etienne, c’est un véritable rouleau-compresseur qui s’est déclenché sur le Forez pendant 90 minutes. Cette saison, quand il s’énerve, l’OL fait peur, y compris à l’ogre parisien.

Un problème tactique avant tout ?

La puissance de l’enjeu, admettons, mais le problème est peut-être plus terre à terre que ça. Et c’est au niveau tactique que l’on peut trouver un début de réponse. Depuis sa prise de fonction, Bruno Genesio a toujours eu énormément de mal à trouver un style de jeu à l’OL. Plutôt que de forcer le destin, le technicien lyonnais a décidé d’effacer le problème en travaillant un jeu de contres avec un bloc bas. Autrement dit, un jeu parfait pour des adversaires qui aiment le ballon. Contre Nice, l’OL n’a tiré que 10 fois au but, contre 11 fois du côté des Aiglons. Et pourtant, les Gones l’ont emporté 5-0, sans forcer. Le plan de l’OL, c’est d’attendre pour mieux tuer son adversaire. Contre Paris, Lyon n’a eu que deux réelles occasions, et encore : le coup-franc de Fekir est aidé par un placement apocalyptique d’Areola, et la frappe de Memphis est une merveille. Solide à l’arrière, impitoyable à l’avant. Imparable ? Pas vraiment.

Car ce plan tactique heurte rapidement à un gros problème lorsque l’adversaire décide lui aussi d’attendre et de contrer. Les plus grosses difficultés rencontrées par l’OL cette saison l’ont été face à des formations plutôt modestes, mais avec un plan de jeu limpide : bloc bas, puissance physique et offensifs rapides. Le plan de jeu de l’OL, quoi. Montpellier (1-4), Angers (1-1), Limassol à l’aller (1-1), Nancy (3-2) ou encore l’Atalanta (0-1) : tous ont mis à mal le projet lyonnais. Car lorsque les (énormes) individualités de l’OL n’ont plus d’espace pour s’exprimer, le collectif bégaye quasiment à tous les coups. Contre Guingamp, c’est le dépassement de fonction constant de Tanguy Ndombele et Ferland Mendy qui avait permis de trouver la faille. Un peu moins de rigueur pour plus de libertés, y compris à l’arrière : et si la solution était aussi simple que ça ?

Charly

Photo by Xavier Laine/Getty Images

 

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