Alors que l’Empire du milieu est au centre de l’actualité mercato depuis maintenant quelques années, nous nous sommes intéressés aux raisons qui poussent la Chine à investir autant d’argent dans notre sport : entre démesures et ambitions politiques.

UNE ANNÉE 2016 DE TOUS LES RECORDS

420 millions d’euros : c’est le montant que le football Chinois a dépensé en transfert cette année. C’est la première fois que la Super League fait son apparition dans le top 5 des championnats les plus dépensiers. Elle y prend d’ailleurs la place de la France, rétrogradée à la 6ème place.

Outre ce nombre impressionnant, ce qui a marqué le monde du football en 2016 est la capacité de la Chine à attirer des joueurs à l’apogée de leur carrière comme Oscar, Witsel ou Alex Teixeira. Des joueurs qui auraient eu leur place dans une équipe jouant la Ligue des Champions. Le message est fort : la Chine n’a pas la même stratégie que les clubs Qataris ou la MLS qui ciblent des joueurs en fin de carrière, pas forcément chers à l’achat.

TOP 15 transfert Chine 2016
15 plus gros transferts Chinois en 2016 (source : Transfermarkt)

Comme on peut le voir ci-dessus, les clubs Chinois n’ont donc pas lésiné sur les moyens cette année, visant des joueurs aux profils variés. Le manque d’attractivité du championnat rend plus facile le transfert de trentenaires, cependant les énormes sommes investies permettent tout de même la venue de joueurs encore au top de leur carrière. Mais dans un pays où la culture foot est encore pratiquement au point mort, quels intérêts ont les clubs chinois à investir autant d’argent dans ce sport ?

UNE RÉELLE AMBITION POLITIQUE

Afin de comprendre la stratégie du football chinois il faut remonter en 2012 et à l’arrivée au pouvoir de Xi Jinping. Souhaitant mettre le sport en avant pour en faire un réel moyen de mobilisation nationaliste, l’homme politique a fait de la promotion du football une priorité nationale. Son objectif : redorer le blason de la sélection chinoise grâce à une participation régulière à la Coupe du monde (le pays n’en compte qu’une seule, en 2002) et à l’organisation de l’épreuve en 2030. Pour arriver à ses fins, le gouvernement chinois a d’abord rendu obligatoire la pratique du football en l’intégrant dans les programmes de sport de toutes les écoles du pays.

L’intérêt du chef d’État pour le football a poussé de nombreuses entreprises à investir massivement. L’économie du pays étant encore en grande partie sous la houlette de l’état, une implication dans une cause nationale comme celle-ci permet aux compagnies de rentrer dans les petits papiers du gouvernement et donc d’en tirer certains avantages. Sans cette politique les entreprises n’auraient jamais investi autant d’argent dans le football, encore très peu développé et populaire en Chine et ne permettant pas un réel retour sur investissement.

La Chine espère donc faire progresser les joueurs locaux en les faisant jouer et s’entraîner avec des sportifs habitués au très haut niveau tout en se dotant de réels outils de formation. Sportivement parlant, la stratégie des clubs chinois est d’ailleurs plutôt cohérente : de grands coachs sont arrivés en premier (Felipe Scolari, Manuel Pellegrini, André Villas Boas, Felix Magath ou encore Fabio Cannavaro) permettant ainsi d’attirer plus facilement leurs recrues et donnant l’opportunité aux joueurs locaux de se créer une vraie culture tactique.

Mais avec des investissements aussi importants, les clubs ne vont-ils pas finir par n’avoir que des étrangers dans leurs équipes, limitant ainsi la progression des joueurs chinois ? Et bien non, la fédération y a réfléchi et a mis en place une limite de 3 joueurs étrangers titulaires. Elle a également interdit le recrutement de gardiens étrangers. Autre inquiétude du gouvernement, la formation d’une bulle spéculative autour du football, les clubs sont donc maintenant obligés de rendre compte de l’origine de leur financement et une politique de Salary Cap (limite de la masse salariale) similaire à la NBA a été mise en place.

Pensez-vous que la Chine peut devenir la première nation non sud américaine ou européenne à gagner la plus prestigieuse des compétitions internationales ?

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