Interview M. Lonjon : “Avec ses armes, la France peut la gagner” !

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Si son nom ne vous dit rien, lui sait probablement qui votre club va recruter au prochain mercato. Journaliste chez Yahoo Sports et très actif sur twitter, Manu Lonjon n’est pas un journaliste comme les autres. Sa passion pour le football, son autodidaxie du journalisme et sa vision des Bleus en vu du Mondial, Manu Lonjon a accepté de répondre à nos questions pour Benchr.

Contrairement à tes confrères, tu n’es pas issu d’une école de journalisme. Quel a été le déclic pour y arriver ?

M.L : Réaliser une envie de minot qui, malgré les années qui passaient, demeurait vivace. J’ai eu des soucis personnels qui m’ont convaincu de tenter le coup.

Comment as-tu pris goût au football ?

M.L : C’est une histoire familiale. Mon père a été joueur, notamment en sélection de jeunes avec Serge Chiesa, entraineur pendant 20 ans puis président d’un club. Mon frère ainé a été joueur aussi. J’ai passé énormément de temps au bord des stades et j’avais ce virus là. C’est une passion dévorante, à 10/12 ans, je regardais tous les matches à la tv même s’il y en avait moins qu’aujourd’hui, je rédigeais des articles, je faisais des classements.

Pour te suivre sur twitter (@ManuLonjon), tu n’es pas quelqu’un qui cherche le buzz. Pourtant tu as de nombreuses infos avant les autres journalistes, pourquoi n’en profites-tu pas ?

M.L : Ce n’est pas vraiment à moi qu’il faut poser la question… Si un clash avec un mec vaguement connu ou un détail de la vie personnelle d’un joueur star font plus de buzz qu’une info transfert, ce n’est pas de ma faute, je le subis plus qu’autre chose. Je ne cherche pas le buzz tu as raison, mais à titre personnel, qu’une info que j’ai sorti le fasse, c’est plutôt valorisant. Chacun sa façon de faire. Ma situation est assez bonne car j’avance, certes moins vite que d’autres, mais globalement j’ai une communauté bienveillante et positive.

Beaucoup de journalistes aujourd’hui ont pour but de faire du buzz. Trouves-tu personnellement qu’on ne parle pas assez du terrain dans les médias ?

M.L : Que certains existent sur le buzz, oui, évidemment. Je pense même qu’un grand nombre de consultants en sont conscient. Je l’espère pour eux, en tout cas (rires) ! Mais le terrain, le jeu et ses aspects, je ne suis pas certain que ça intéresse les gens, pas suffisamment en tout cas. Tant que n’importe quel sujet ou débat provocateur fonctionnera, tu ne parleras pas de foot ! Aujourd’hui, fais un sujet sur “Benzema doit-il chanter la Marseillaise pour rejouer en EDF ?!”, tu feras bien plus de buzz que n’importe quelle analyse tactique. Si demain, tu fais une émission de foot, tu vas inviter des mecs dont tu sais qu’ils vont faire parler, qu’ils vont provoquer un peu, etc… Plus les gens sont clivants, mieux c’est finalement.

Tu as eu l’idée de faire des « live » sur Twitter, tu te verrais bien travailler à la télé ou à la radio ?

M.L : A la radio, oui, j’adorerais ça ! La télé ? Mouais.. sans plus… En fait, au delà du support, ça dépend surtout de l’émission en question et pour y faire quoi. On m’a proposé de participer à une émission TV mais j’ai refusé car je n’avais pas envie de la faire. Dernièrement, j’ai aussi discuté avec un média très important mais au final, je suis resté chez Yahoo… Par contre, j’ai candidaté quelques fois, oui. J’ai envoyé des CV à l’Equipe TV et SFR Sport par exemple… J’ai fait savoir à des gens que si par bonheur, je les intéressais… mais ils n’ont même pas pris la peine de me répondre. Ils ne m’ont pas calculé du tout… Comme quoi, dans la vraie vie, être certifié sur twitter et avoir 35 000 followers, ça ne sert à rien ! (rires). Ca montre aussi le chemin qu’il me reste à parcourir avant d’exister pour ces gens-là, et c’est aussi un challenge dont j’ai accepté l’augure, je n’ai pas renoncé.

Quel est le but qui t’a le plus marqué, le plus ému ?

M.L : Celui d’Emmanuel Petit en 1998 et celui de Karim Aït Fana, face au LOSC, avec Montpellier pour le titre en 2012.

Et tu as un joueur et/ou une équipe qui t’a fait rêver depuis que tu suis le foot ?

M.L : L’équipe de France entre 1999 et 2002, c’était énorme ! La qualité de jeu était exceptionnelle, avoir connu ça est un privilège. Le Barça de Guardiola a aussi frôlé la perfection durant quelques mois. Un joueur ? Zidane était différent des autres, il ne jouait pas au foot comme les autres.

“Au regard de son effectif, Deschamps fera d’abord en sorte d’être solide défensivement”

La Coupe du Monde approche, quel(s) est (sont) ton (tes) favori(s) pour la compétition ?

M.L : L’Espagne et l’Allemagne.

Jusqu’où tu vois aller l’Équipe de France ? Espérer la gagner c’est rêver ?

M.L : Il faudra sortir de la poule et gagner ton 1/8e. Ensuite, tout est possible ! La France n’est pas la meilleure équipe du monde mais on peut toujours espérer et rêver.

Quelle est la plus grosse faiblesse de l’Équipe de France selon toi ?

M.L : La défense et notamment les latéraux.

Que penses-tu du jeu que proposent les Bleus ?

M.L : Je crois que la France fera en sorte d’être solide défensivement, chiante à bouger et comptera ensuite sur la qualité de ses attaquants pour créer et faire la différence. Au regard de son effectif, ça me parait effectivement être opportun et ça ressemble beaucoup à la conception de Didier Deschamps.

Si tu étais à la place D. Deschamps, quel onze alignerais-tu pour ce Mondial ? En prenant compte aujourd’hui des actuels blessés.

M.L : Lloris / B Mendy – Umtiti – Varane – Sidibe / Matuidi – Kante – Pogba / Griezmann – Mbappe – Dembele

Petit soucis, les latéraux. Mendy et Sidibé seront-ils présents et en forme ? Et sur le 3e offensif, j’ai mis Dembélé mais si Payet est sélectionné, il aurait un profil très intéressant. Pour caricaturer le meneur de jeu, organisateur, fort dans la passe et sur les coups de pied arrêtés, à condition qu’il défende beaucoup, ce qui sera sans nul doute la priorité du coach.

“Personne EN LIGUE 1 ne peut rivaliser, à court terme, avec les moyens du PSG”

Pour parler plus généralement, tu es plutôt “produire du beau jeu mais ne pas être sur de gagner” ou “seule la victoire compte peu importe la manière” ? Pourquoi ?

M.L : Produire du jeu et gagner ! (rires) . Tu peux aussi être entrainé émotionnellement par une équipe qui se bat, qui défend le plomb, qui se donne, qui subit. La France ne peut probablement pas battre l’Espagne ou l’Allemagne en ayant la possession, en créant beaucoup de jeu, dans un match “normal”. Mais elle peut gagner avec ses armes qui seront différentes. A l’Euro, la France a subi contre l’Allemagne mais elle a vaincu avec ses armes.

Paris vient une nouvelle fois d’être Champion de France, quel est ton regard sur la Ligue 1 ? Les concurrents se donnent-ils vraiment les moyens de rivaliser ?

M.L : Personne ne peut rivaliser, à court terme, avec les moyens et investissements Qataris en L1. Cela n’empêche pas les autres de continuer d’exister, à leurs niveaux. Monaco a une stratégie définie, le projet de l’OM avance, l’OL est régulier dans top 3 ou 4. La Ligue 1 a tout à gagner à avoir à la fois un PSG et des “gros” performants.

Et plus généralement, la Ligue 1 a-t-elle les ressources pour devenir aussi forte que ses voisins européens ?

M.L : La L1 avance, Ibrahimovic il y a quelques années a mis la L1 en exergue à l’étranger, Neymar aujourd’hui lui donne une visibilité mondiale, les droits ont été fortement réévalués pour l’étranger.

Un grand merci à Manu Lonjon pour sa disponibilité et pour le temps qu’il nous a accordés pour réaliser cet entretien. Vous pouvez le suivre sur twitter avec son compte officiel @ManuLonjon.

Yan Houdry

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