Interview : B. Valette : “Nous les joueurs, on a besoin des supporters !”

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Arrivé en tant que gardien numéro 3 à Nimes, Baptiste Valette a accepté de répondre aux questions de Benchr. Il nous parle de son parcours, son expérience à Saint-Etienne et Montpellier, mais également de sa saison avec le club nîmois et de son rapport avec les supporters.

Satisfaction avec les crocodiles

Benchr : Vous faites partie de l’équipe type Benchr de la 30eme journée de Domino’s Ligue 2, comment jugez-vous votre saison et celle de votre club, le Nîmes Olympique ?

B. Valette : Sur un plan personnel, je découvre la Domino’s Ligue 2. Il y a forcement eu un petit temps d’adaptation. A l’heure actuelle je suis assez content de mes performances avec le Nîmes Olympiques. Je savais que j’avais une marge de progression et que je pouvais faire encore mieux au niveau de mes performances. Je suis relativement satisfait dans l’ensemble. Sur un plan collectif, c’est une très belle saison qu’on est entrain de vivre. Il reste 8 matchs, on sait ce qu’il nous reste à faire. On a les qualités pour rester à cette 2ème place et accéder directement à la montée. On a dans l’ensemble toujours bien géré les tournants !

B: Vous avez été formé à Montpellier et signé votre premier contrat pro à 20 ans puis transféré à Saint-Etienne en tant que 3ème gardien du club. Vous n’avez jamais eu l’opportunité de jouer en Ligue 1. Est-ce un regret pour vous ? Pensez-vous que vous méritiez votre chance ?

B.V : J’e n’en tire que des bonnes expériences, il n’y a vraiment pas de regret surtout quand on voit le parcours qu’on eu ces gardiens à l’époque où je jouais avec eux. De plus à Montpellier, c’était délicat car j’étais 4ème gardien. Donc dans la hiérarchie c’était compliqué de pouvoir jouer avec l’équipe. Et à Saint-Etienne, Stéphane (Ruffier) a quasiment joué tout les matchs, même la doublure (Jessy Moulin) n’a quasiment pas joué. Donc non, il n’y a aucun regrets, j’ai vraiment appris beaucoup de choses aux cotés des gardiens que j’ai côtoyé. Je suis très à l’écoute et me sers de l’expérience des autres pour pouvoir progresser et avancer.

Cap sur la Belgique

B : Après tes deux années à Saint-Etienne, tu pars direction la Belgique. Comment s’est déroulé ton transfert vers la Belgique ? Et pourquoi ce choix ?

B.V : Enfaite c’est très simple. Le club de Excelsior Virton était partenaire avec l’ASSE. Le président et le coach de Virton étaient venus visiter les installations de Saint-Etienne et ils m’ont vu à l’entrainement. À cette époque ils ne cherchaient pas forcement un gardien. Mais en fin de saison, leur gardien a signé en D1 belge et ils ont donc contacté le club pour savoir si l’ASSE comptait me conserver, ce qui n’était pas le cas. Donc j’ai pu directement signer dans le club. C’était important pour moi car on m’offrait une place de titulaire et que le niveau était vraiment correct. C’était une très bonne expérience.

B : Après deux saisons passées en Belgique, vous revenez en France, non loin de votre ville d’origine Sète. Vous signez donc à Nimes en tant 3ème gardien. Comment cette opportunité de retourner en France s’est elle offerte à vous ?

B.V : J’ai eu une grave blessure la saison dernière qui m’a éloigné des terrains 8 mois. Le club n’a pas souhaité me conserver pour des raisons financières et sportives. J’ai fais quelques recherches et j’ai eu l’aide d’un amis sur Sète qui avait entendu parler de la blessure du 3ème gardien de Nîmes (Lucas Dias) et du coup j’ai contacté directement Téji Savanier avec qui j’ai été formé à Montpellier pour savoir comment ça pouvait se passer. Grace à T. Savanier j’ai été contacté par l’entraîneur des gardiens Sébastien Gimenez qui m’a demandé de faire quelques jours d’essais. Au final j’ai fais un jour et le lendemain le club voulait immédiatement me faire signer.

B : Tu as eu la chance de fréquenter F. Grange (entraîneur des gardiens de l’ASSE), qui jouit d’une excellente réputation en France. Quelle expérience retiens tu de ses deux années passées à ses cotés ?

B.V : Au niveau professionnel, je pense que Fabrice est l’entraîneur qui m’a le plus appris. Du coup je n’en tire que du positif. Je suis toujours en contact avec lui, on s’entend très bien. Il m’a apporté son regard d’expert sur le poste. En travaillant avec lui dans des conditions exceptionnelles, j’ai pu vraiment m’épanouir même sans avoir joué avec la Ligue 1. C’est lui qui m’a apporté tous les bons conseils pour avoir le meilleur rendement en tant que gardien. Je ne l’oublierai jamais.

Nouvelle expérience en Ligue 2

B : Tu es arrivé cette année à Nîmes en signant un contrat d’1 an. Le club souhaite t-il te prolonger ? A tu des certitudes sur ton avenir à Nîmes ?

B.V : Je n’ai pas encore de certitudes. Il y a eu un premier pas de fait par le club pour me conserver. Malheureusement, on était pas encore vraiment sur le même terrain d’entente pour voir l’avenir ensemble. Mais maintenant j’attend que la situation s’éclaircisse un petit peu. Moi je ne me prends pas trop la tête avec ce genre de chose. J’essaie de finir le mieux possible la saison pour que tout le monde soit content. C’est le plus important.

B : Vous êtes second actuellement en Domino’s Ligue 2 avec Nîmes et une montée en Ligue 1 Conforama se dessine. Comment vivez-vous cette expérience ? Comment jugez-vous votre groupe, vos coéquipiers et quel est l’état d’esprit des joueurs, du club et des supporters ?

B.V : Ce que je trouve très agréable, c’est qu’on le vit avec un grand détachement. On a pas de pression particulière. Même en étant depuis longtemps deuxième, on le vit sans stress. Le groupe est jeune, du coup il y a une forme d’insouciance qui fait notre force. Le staff est extrêmement exigeant avec nous, comme les dirigeants et tout l’entourage du club. Dans notre travail ça nous permet d’être vraiment sérieux. On arrive à garder la tête froide. On est que le 16ème budget de Domino’s Ligue 2, donc c’est que du bonus et du positif ce qui nous arrive. Réussir à monter avec tout le groupe ça serait un exploit. On a énormément de qualités, mais on est loin des clubs avec des budgets comme Reims ou Lorient. Nous on en profite, on prend plaisir et on se donne à fond pour avoir une belle fin de saison.

B : Vous êtes depuis une vingtaine de matchs le gardien numéro 1 du NO, mais les 3 gardiens ont joués cette saison. Comment expliquez vous ce turnover ? Quelle est la relation entre les gardiens du club ? Et comment voyez-vous la concurrence au poste de gardien, vous qui avez longtemps occupé le poste de 3eme gardien, notamment à St-Etienne ?

B.V : Nous avons cette chance d’avoir une concurrence très saine et une bonne entente entre nous 3. On a le même objectif, se donner à fond aux entraînements et en match. On a un entraîneur qui laisse la chance au plus méritant. Malheureusement le numéro 1 s’est blessé en début de saison, ce qui a fait qu’on a tous eu la chance de jouer. J’ai eu la confiance du coach, j’ai saisi ma chance et maintenant j’enchaîne c’est le plus important pour moi.

B : On dit que les supporters Nîmois sont des supporters exigeants. Le ressentez-vous ?  Quel rapport entretenez-vous avec vos supporters ?

B.V : C’est complètement vrai (rire). Ça nous arrive des fois même de gagner 3-0 et de se faire siffler car il y a une passe en retrait. Il y a différente façon de voir la chose. Nous on la prend bien et on suit le public. On a envie de produire du beau jeu et faire le spectacle aux Costières. C’est un cercle vertueux : les résultats sont la donc il y a de plus en plus de monde au stade, ce qui nous motive encore plus et c’est ce qui va nous permettre de réaliser de grandes choses.
Mon rapport avec le public est très bon. Je sais que j’ai été un peu critiqué au début, mais c’est dans tout les clubs quand on ne te connait pas. Je commence à prendre mes marques et à être apprécié au seins du club et des supporters. C’est toujours un plaisir d’entendre son nom scandé dans les tribunes. Ça motive énormément.

Les verts, meilleurs supporters

B : En France on à tendance à critiquer l’ambiance dans les stades. Êtes-vous d’accord avec ce constat que l’on peut entendre ou lire dans les médias ? Existe t-il une réelle différence par exemple avec la Belgique ?

B.V : Je vois une différence oui. Nous, les joueurs, on aimerait voir des stades remplis. La culture foot en France est peut-être moins présente que dans d’autres pays. Mais je souhaite et espère qu’on tende vers des stades de plus en plus plein, avec des ambiances encore plus chaude. C’est peut-être aussi aux clubs de développer certaines choses pour donner envie aux spectateurs de venir au stade. On a besoin de supporters nous les joueurs. Ça décuple l’envie et la motivation.

B : En tant que joueur, quel est le stade où l’ambiance vous a le plus impressionné ?

B.V : C’est Geoffroy-Guichard (rire) ! Cette année j’ai eu la chance de pouvoir jouer un match en Coupe de France la-bas. C’est un stade impressionnant. Nous avions le parcage nîmois plein. C’était juste exceptionnel et moi je revenais à Saint-Etienne. J’ai vu le stade comme je l’ai jamais vu, sur la pelouse avec beaucoup de supporters. C’était pour moi assez particulier mais même sans ça, ce stade est juste énorme.

Ses plus beaux souvenirs

B :  Dans quel stade de foot rêvez-vous de jouer et pourquoi ?

B.V : Il y en a deux pour moi car ce sont deux clubs qui me font rêver sur la scène européenne. C’est Santiago Bernabeu et Highbury, qui s’appelle désormais l’Emirates Stadium. Arsenal et le Real Madrid, sont deux clubs où je rêve de jouer.

B : Quel est votre plus beau souvenir de supporter ? et le plus triste souvenir ?

B.V : J’étais au stade et c’était le retour de Zidane pour la coupe du Monde à la Mosson contre la Cote d’Ivoire. C’était un beau souvenir et le stade était plein. Je suis très fière de mes origines et de mon pays. Avec l’équipe de France les émotions sont toujours décuplées. Mon plus grand regret c’est la finale perdu contre l’Italie en 2006, en Allemagne. (cf :  finale France-Italie perdu aux penalty par la France)

B : Pour finir, avez-vous une anecdote à nous partager (sur l’ambiance, un comportement de supporters, adversaire fan de vous…) qui vous a marqué en tant que joueur ?

B.V : J’ai une anecdote qui est très récente. C’était pour notre retour d’Orléans, où on va battre Orléans chez eux. Nous arrivons à la gare de Nîmes, et dans la gare il y avait plus de 200 ou 300 supporters qui nous attendaient. Ils ont complètement bloqué la gare. Une ambiance incroyable, avec des fumigènes, des chants… digne des plus grands stades. C’était assez confiné donc c’est aussi pour cela que c’était impressionnant. C’était juste exceptionnel de vivre un moment comme ça et on les a fortement remerciés de leur soutient. C’est un beau moment à vivre en tant que joueur. Ils nous ont même dis que si ça continuait comme ça, à chaque retour ça sera pareil avec encore plus de monde (rire). 

 

Un grand merci à Baptiste Valette qui a accepté de répondre à nos questions !
Toute l’actualité du joueur est à retrouver sur Twitter : @ValetteBaptiste.
Ainsi que celle du Nîmes Olympique : @nimesolympique

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