Suffit-il de neutraliser Fekir pour éteindre l’OL ?

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Nabil Fekir of Lyon and Ismaël Traore of Angers during the Ligue 1 match between Lyon and Angers at Groupama Stadium on January 14, 2018 in Lyon, France. (Photo by Romain Biard/Icon Sport)

Face à Angers, Lyon a eu toutes les peines de monde à se créer des occasions, notamment en première période. La raison ? Un marquage individuel strict « à l’ancienne » sur Nabil Fekir. Un bloc bas et une patrouille sur Fekir, la recette serait-elle aussi simple pour venir à bout de l’OL ? Pas si sûr.

La U Arena

A la mi-temps de la rencontre contre Angers au Parc OL, l’ambiance était entre la consternation et la frustration. Un schéma de passes « en U » entre latéraux et centraux à la relance, une possession follement stérile, peu de mouvement et aucune occasion : cette configuration est une habitude pour les supporters lyonnais, surtout à domicile, mais elle a été dimanche après-midi poussée jusqu’à son paroxysme : Marcelo et Marçal ont ainsi touché à eux deux près de 250 ballons sans créer le moindre débordement pour autant. A la mi-temps, l’OL ne s’est pas créé la moindre occasion et rentre aux vestiaires avec un but de retard totalement mérité.

Un Fekir vous manque et tout est dépeuplé

68% de possession en première période et 4 malheureux tirs, voilà le bilan de l’OL à la pause dimanche après-midi. Mais en point d’orgue, c’est surtout l’absence quasi-totale d’occasions pour l’OL qui a choque. La raison de cette stérilité est simple : marqué à la culotte par Baptiste Santamaria, Nabil Fekir n’a pas eu un seul moment de répit pendant les 45 premières minutes. Le meneur lyonnais devait même parfois décrocher jusque devant sa propre surface pour pouvoir porter le ballon un tant soit peu. Le bilan statistique de Fekir sur la rencontre est sans équivoque : 10 fautes provoquées, et seulement 54 ballons joués malgré une possession très largement lyonnais. Il y avait effectivement une cible dans le dos du numéro 18 dimanche. Un plan d’une simplicité folle de la part du SCO, mais qui a diablement bien marché.

Audace et mouvement pour sauver les meubles

Il suffirait donc de neutraliser Fekir pour éteindre l’OL ? Dans la configuration ultra-rigide de la première période, oui, complètement. Entre un Tousart cantonné à des passes courtes et un Aouar qui refuse d’entrer dans les 30 mètres adverses (consignes du coach ?), le seul espoir en première mi-temps résidait dans un exploit individuel des ailiers, or ni Memphis ni Cornet ne semblaient dans un grand jour. Alors comment l’OL s’en est finalement sorti, passant d’une première mi-temps atroce (9.83 de note du match sur Benchr en 1ere MT) à une seconde période d’ultra-domination avec 16 tirs tentées et une note moyenne sur la deuxième période de 15.7 ?

Deux réponses : d’abord, davantage de fluidité et de mouvement. Au retour des vestiaires, la clé est d’abord venue de Houssem Aouar, qui en étant plus libre et plus offensif, a attiré une partie de l’intensité défensive angevine sur lui, libérant ainsi Nabil Fekir. C’est ainsi que le capitaine lyonnais a pu se faire la malle sur l’aile droite pour construire quasiment seul l’égalisation lyonnaise.

Mais le vrai point de bascule pour l’OL, celui qui aurait pu donner la victoire à l’OL, se situe à la 71e minute. Tanguy Ndombélé remplace Memphis, peu en vue. Par le jeu des chaises musicales, l’ancien Amiénois prend place aux côtés de Tousart, et Aouar monte d’un cran sur l’aile gauche.

Et soudainement, tout change : l’OL se retrouve avec trois joueurs capables de créer (Ndombele dans l’axe, Fekir devant lui et Aouar en électron), mais aussi d’éliminer. Et pour cause, quelques secondes après son entrée en jeu, Ndombélé dégaine un de ses dribbles dont il a le secret (77% de réussite, meilleur total à l’OL) et provoque le décalage. Pendant 20 minutes, l’OL va rouler sur Angers, sans parvenir pour autant à trouver la faille, mais l’essentiel est là : quand les Gones peuvent se reposer sur trois joueurs capables de jouer ensemble, à base de mouvements et de combinaisons, c’est tout le jeu lyonnais qui en sort grandi. Le match contre Angers a été un révélateur d’une évidence : Tanguy Ndombele est un titulaire indispensable, tout comme Aouar et Fekir. La seule énigme consiste à trouver la bonne formule pour faire jouer ces trois-là en gardant un certain équilibre à l’arrière. 4-4-2 Losange, vous dites ?

Charly

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